Addresse
Paris, Barcelone, Valencia, Alicante, Marbella, Malaga, Seville
Horaires
Lundi au Vendredi :10h - 18h

De très nombreux citoyens français, belges et suisses sont aujourd’hui propriétaires d’une résidence secondaire ou principale en Espagne. Cependant, au moment du décès du propriétaire, les familles se retrouvent fréquemment désemparées face aux spécificités administratives et juridiques ibériques.
Lors d’un décès, un bien immobilier situé en Espagne ne se transmet pas automatiquement selon les seules habitudes ou règles du pays d’origine des héritiers. La transmission d’un patrimoine immobilier transfrontalier implique des étapes obligatoires et rigoureuses : l’identification des ayants droit, la vérification de l’existence d’un testament, l’acte d’acceptation de succession devant notaire espagnol, le paiement des impôts régionaux et l’inscription finale au Registre de la Propriété (Registro de la Propiedad).
Note d’expertise : La succession immobilière en Espagne nécessite généralement l’intervention d’un professionnel du droit connaissant à la fois le droit successoral espagnol et les situations internationales impliquant des héritiers non-résidents.
L’une des premières interrogations des ayants droit concerne la loi nationale régissant le partage de l’héritage.
Depuis l’entrée en vigueur du Règlement Européen sur les Successions (n° 650/2012) :
Exemple concret : Un citoyen français vivant à Alicante peut rédiger un testament stipulant expressément que sa succession sera régie par le droit français. Cela permet notamment de faire prévaloir les règles de la réserve héréditaire française tout en traitant l’immeuble situé sur le territoire espagnol.
Contrairement à ce qui prévaut dans certains pays francophones où la saisine permet un transfert automatique sous réserve de l’acte de notoriété, l’héritier d’une maison ou d’un appartement en Espagne doit accomplir un parcours juridique précis pour devenir officiellement propriétaire.
Il est nécessaire de vérifier si le défunt a rédigé un testament en Espagne (Testamento abierto) ou dans son pays d’origine. Cette vérification s’effectue en sollicitant le Certificado de Últimas Voluntades auprès du Ministère de la Justice espagnol.
Les héritiers doivent prouver leur lien de parenté en réunissant les actes d’état civil originaux (acte de décès, livret de famille, actes de naissance) dument traduits et apostillés si nécessaire.
L’acceptation se fait par acte notarié public en Espagne. Elle peut être pure et simple ou à concurrence de l’actif net (a beneficio de inventario), ce qui protège le patrimoine personnel de l’héritier si le défunt avait contracté des dettes.
En acceptant le bien, l’héritier reprend également l’ensemble des obligations rattachées à la propriété : le paiement des charges de copropriété en retard, la taxe foncière (IBI), les éventuelles dettes fiscales ou l’hypothèque encours.
Voici la checklist chronologique indispensable pour mener à bien le règlement d’une succession d’un bien immobilier espagnol par des héritiers français :
| Étape | Démarche / Document Requis | Organisme / Intervenant |
| 1 | Obtenir l’acte de décès officiel (formule internationale) | État civil du lieu de décès |
| 2 | Demander le Certificado de Últimas Voluntades | Ministère de la Justice espagnol |
| 3 | Identifier les ayants droit et obtenir leur NIE | Commissariat / Consulat d’Espagne |
| 4 | Réunir la documentation du bien (Escritura, Nota Simple) | Registre de la Propriété / Cadastre |
| 5 | Calculer l’impôt sur les successions (ISD) et la Plusvalía Municipal | Communauté Autonome / Mairie |
| 6 | Signer l’acte d’acceptation (Escritura de Aceptación) | Étude Notariale en Espagne |
| 7 | S’acquitter des droits de succession et taxes locales | Trésor Public espagnol |
| 8 | Inscrire le changement de propriétaire | Registro de la Propiedad |
Pour finaliser le dossier d’héritage devant le notaire espagnol, l’ensemble des pièces doit être méticuleusement rassemblé :
L’Impôt sur les Successions et Donations (Impuesto sobre Sucesiones y Donaciones – ISD) est un impôt d’État dont la gestion et la fixation des taux ont été entièrement déléguées aux 17 Communautés Autonomes.
Le montant final des droits de succession en Espagne dépend directement :
Régime extrêmement favorable pour les proches parents (Groupe I et II : enfants, conjoints, parents). Exemption quasi totale jusqu’à 1 000 000 € d’assiette nette par héritier, puis bonification de 99 % sur la quote-part restante.
Application d’une bonification de 99 % sur la quote-part d’impôt pour les enfants, conjoints et ascendants directs, réduisant la charge fiscale à des montants très faibles.
Application d’un barème progressif avec des abattements personnels selon le degré de parenté, suivis de bonifications dégressives en fonction du montant de la base imposable.
Bonification de 99 % sur les droits de succession pour les parents en ligne directe (enfants, conjoints, parents) et bonifications partielles pour les frères, sœurs, neveux et nièces.
⚠️ La Plusvalía Municipal (IIVTNU) : En plus de l’ISD, l’héritier d’un bien immobilier urbain doit s’acquitter de la taxe communale sur la plus-value prise par la valeur du terrain depuis la date d’acquisition par le défunt jusqu’à la date du décès.
Oui. Si vous êtes résident fiscal en France, en Belgique ou en Suisse et que vous héritez d’une maison ou d’un appartement situé sur le territoire espagnol, le principe de la territorialité s’applique : le bien est taxable en Espagne.
Pendant longtemps, les non-résidents subissaient une discrimination fiscale en étant imposés selon le barème national (très élevé), sans pouvoir bénéficier des abattements des régions. À la suite d’arrêts majeurs de la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE), l’Espagne a modifié sa législation :
Il est tout à fait possible de vendre une maison héritée en Espagne, mais pas directement après le décès. Vous ne pouvez pas signer d’acte de vente (Escritura de compraventa) tant que le processus successoral n’est pas intégralement finalisé.
Une fois le titre de propriété publié au Registre, le ou les héritiers peuvent légalement mettre le bien sur le marché et signer la vente devant notaire.
Il est fréquent que plusieurs frères et sœurs ou ayants droit se retrouvent en indivision successorale (Proindiviso) sur un immeuble situé en Espagne. Si les avis divergent sur la gestion ou la mise en vente du bien, le droit civil espagnol énonce clairement que « nul n’est tenu de rester dans l’indivision » (Art. 400 du Código Civil).
L’absence de testament français ou espagnol ne bloque pas la succession, mais elle alourdit et rallonge considérablement la procédure.
Lorsqu’aucun testament n’a été rédigé, la succession est dite ab intestat. Il convient de :
Compte tenu du manque de centralisation entre notaires et administration fiscale en Espagne, le notaire espagnol se limite à authentifier l’acte d’acceptation qu’on lui présente. Il n’effectue pas les démarches de recherche, de calcul fiscal ou d’inscription au Registre.
Un avocat spécialisé en droit des successions en Espagne intervient pour sécuriser l’intégralité du processus :
Pour éviter des surcoûts financiers ou des pénalités administratives, gardez à l’esprit ces 4 erreurs classiques :
En Espagne, le notaire n’est pas chargé de calculer vos impôts, ni d’aller vous inscrire au Registre de la Propriété, ni de demander votre NIE. Ces démarches incombent entièrement aux héritiers.
En Espagne, l’impôt sur les successions (ISD) doit être liquidé dans un délai strict de 6 mois à compter de la date du décès. Au-delà, des majorations et intérêts de retard s’appliquent automatiquement (il est possible de solliciter une prolongation de 6 mois supplémentaires durant le premier trimestre suivant le décès).
Accepter une succession de manière pure et simple engage votre responsabilité sur vos biens personnels. Il faut impérativement vérifier que les dettes du défunt ou les charges du bien ne dépassent pas la valeur de la maison.
Payer les impôts ne suffit pas. Si l’acte d’acceptation d’héritage n’est pas déposé et inscrit au Registre de la Propriété, le bien reste officiellement au nom du défunt, ce qui rend impossible toute vente ultérieure ou souscription de contrat d’énergie/eau.
Le coût total comprend les droits de succession (ISD, variables de 1 % à plus de 30 % selon la région et le degré de parenté), la Plusvalía Municipal, les frais de notaire (environ 800 € à 1 500 €), les frais de Registre de la Propriété (400 € à 800 €), les frais de traduction/apostille et les honoraires de conseil.
Oui, absolument. Vous serez soumis à l’impôt sur les successions en Espagne pour le bien situé sur le territoire espagnol, tout en bénéficiant des abattements de la région concernée grâce aux règles d’équité européennes.
Oui, le NIE est strictement obligatoire pour signer l’acte d’acceptation de succession devant notaire et régler les taxes auprès de l’administration fiscale espagnole.
Le délai légal pour liquider les droits de succession est de 6 mois à compter du jour du décès. Une demande de prolongation de 6 mois supplémentaires peut être introduite auprès de l’administration fiscale durant les 3 premiers mois.
Oui, un testament rédigé en France (Devant notaire ou olographe) est valable en Espagne pour les biens situés sur place, à condition d’être traduit par un traducteur assermenté et légalisé/apostillé.
Oui, un héritier peut renoncer à une succession devant notaire. La renonciation doit être expresse et réalisée par acte public notarié.
Pour vendre le bien, les héritiers doivent préalablement avoir signé l’acte d’acceptation d’héritage, s’être acquittés des impôts (ISD et Plusvalía) et avoir fait inscrire leur titre de propriété au Registre de la Propriété.
Si l’héritier accepte la succession de manière pure et simple, il est tenu de régler l’intégralité des dettes (hypothèque, IBI, copropriété) y compris sur ses deniers personnels. S’il accepte à concurrence de l’actif net, les dettes ne seront payées que dans la limite de la valeur du bien hérité.
